

Le sens de l’orientation ? Néant.
Pas la moindre case orientation chez moi.
La réponse facile je la connais : « t’es une nana sa seigneurie la bondieuseté n’a pas jugé bon de te munir de la case orientation… »
A d’autres …
C’est une tare familiale et Personne dans ma nombreuse famille, composée entre autre de mâles virils, n’est doté de cette faculté.
Pire ! Chez nous c’est une malédiction, un handicap, même que la sécu devrait nous dédommager de tous les kilomètres couteux que nous avons dû faire pour trouver la plus proche station service afin de pouvoir continuer à errer lamentablement….
Lasse de cet état, j’ai décidé d’investir dans un GPS.
Au premier abord, du moment que vous savez ou vous allez (à force de pratiquer le chemin depuis des années sans jamais dévier votre route d’un iota), tout roule.
Vient le moment où confiante vous allez vous perdre dans un bled paumé, loin de toute civilisation ou syndicat d’initiative….
Ben…mon initiative d’achat, sur le coup je l’ai regrettée….
Sortir de l’autoroute…facile.
Mais au premier rond point, le tournez à gauche m’a quelque peu surprise….. À entendre mon GPS me seriner continuellement tournez à gauche, j’ai du faire 20 fois le tour du rond point.
Le rond point n’existait pas sur mon super appareil hyper cher.
Arrivée dans un village de 350 âmes au plus mon cœur a bondi.
Magique. Un chemin non goudronné tout à coup devînt une nationale.
Une fois emprunté, le bazar m’a susurré de sa voix de pétasse, « faites demi tour avec précaution »…L’en a de bonnes lui ! Avec un tank comme le mien, faire demi-tour là où vous ne pourriez même pas tourner votre vélo… c’est d’un commode !
Légèrement agacée j’ai écrasé quelques plans de géranium sous le regard courroucé de l’âme habitant le jardin sus-cité, distribuant des sourires d’excuses gênés à la volée, et surtout paniquée à l’idée d’être totalement et irrémédiablement perdue. J’imaginais déjà un scénario glauque et angoissant genre science fiction des années 70 mais sans les aliens pour me ramener à la maison. Cauchemar !
Rassemblant le peu de courage qu’il me restait je décidais de reprendre une voie goudronnée me répétant en guise d’encouragement ; « toutes les routes mènent à Rome » Et une fois arrivée à Rome je trouverais bien une pancarte …France !
Bon après quelques kilomètres d’incertitude angoissante, me voilà longeant
J’vous l’donne en mille. Un champ à droite, The rivière à gauche, et qu’est-ce qu’y m’dit le Bazar qui coute la peau des fesses ?
« Tournez à gauche. » (toujours la voix de pétasse qui doit être blonde j’en suis sure)
A gauche, c’est l’eau grouillante de noir, mon moteur qui n’a rien à voir avec celui de fantomas (donc non hydro-bidule qui nage).
Je feins l’indifférence….mais je reste lucide : maintenant c’est sur, le machin a une dent contre moi.
Pire.
Il veut ma peau.
En tout cas, il a décidé qu’il n’interviendrait en aucun cas dans le jugement de la bondieuseté qui m’a puni de non sens d’orientation.
Je décide donc de lutter contre ce complot.
Je le toise avec mépris ignorant ses incantations perfides.
Arrivée à
Ossecour ... je suis perdue !
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